Question de langues ...

Publié le par JBeaulieu

Saguenay, Jonquière

Et la langue ?…passer six mois en Amérique du Sud…tu dois sûrement très bien parler espagnol et être bilingue?

Pas du tout …Mon anglais et mon espagnol sont assez limités. Je dirais que ce que j’en connais me permet de me débrouiller durant mes voyages.

Pour l’espagnol, j’ai suivi uniquement deux cours de 45 heures en 1975 en Espagne (organisé par le Cégep de Limoilou : 3 semaines à Torremolinos et 3 semaines à Madrid) avec un groupe d’étudiants. Dans la deuxième étape du cours, avec quelques autres étudiants du style « école buissonnière », nous avons loué une auto et avons passé près de la moitié des 45 heures de cours à voyager dans cette partie de l’Espagne, entre autres une belle virée d’une semaine de Madrid à Barcelone, puis vers Valence et retour à Madrid.

Cette expérience pratique d’être obligés, lors de ces tournées, de communiquer en espagnol avec les gens du pays valait bien des heures de cours en classe, surtout que le premier cours nous avait donné la base de cette langue, si proche du français. En tout cas ça ne m’a pas nui, puisque j’ai eu mes crédits de cours : j’ai passé mon examen final dans l’avion, au retour vers Montréal.

Je suis retourné en Espagne dix ans plus tard avec trois instruments et deux règles de base :
1. Un dictionnaire-français/espagnol
2. Un dictionnaire français/anglais
3. Un guide d’espagnol pour le voyage
4. Lors d’un voyage, j’aborde toujours les gens dans leur langue (salutation, remerciements, etc).quitte à continuer par après dans une langue commune…le français, mais plus souvent l’anglais. Je me rappelle qu’en Yougoslavie plusieurs personnes m’avaient fait remarquer que la différence entre moi (américain-canadien) et un américain (US), c’était justement ce premier contact que j’avais établi avec eux, dans leur langue…et ils appréciaient beaucoup.Cette attitude, je l’ai donc maintenue depuis.
5. L’espagnol étant près du français, j’ai décidé de foncer, d’arrêter d’avoir peur de faire rire de moi avec mon accent et des erreurs possible. Je ne connais pas le mot espagnol ?…alors pas de problème, je prends le mot français et je remplace la finale par un « o »…Très souvent, c’est suffisant pour me faire comprendre. Et on n’a jamais ri ni de mon accent ni de mes erreurs…sauf quand moi-même je riais de la gaffe que je venais de faire…

Fort de ces outils, en 2000, je suis retourné pour six mois dans une région espagnole, soit au Mexique, en Amérique centrale et à Cuba. Entre temps, je n’avais jamais eu l’occasion de pratiquer mon espagnol. Or, après une dizaine de jours à Mexico, j’ai recommencé à me sentir à l’aise au niveau de la communication. Au Guatemala, à Antigua, j’ai suivi, avec un prof personnel, un cours de 20 heures axé presqu’uniquement sur des échanges et l’utilisation des verbes irréguliers.

Cette expérience de six mois en terre espagnole fut pour moi suffisamment convainquante pour que je ne craigne pas d’aller en vivre une autre dans une autre région des Amériques espagnoles.

Dans certains pays, cependant, la communication est plus facile, car les gens sont ouverts aux étrangers et essaient par tous les moyens de communiquer avec nous : ils choississent leurs mots, ils parlent plus lentement, ils sortent les quelques mots d’anglais ou de français qu’ils connaissent, etc. Les peuples champions de cette ouverture vers les étrangers (du moins d’après mon expérience actuelle), ce sont les Irlandais, les Écossais et les Yougoslaves. Mais les surpassant tous, et de loin, ce sont les Cubains.

Durant le mois que j’y ai passé, nos échanges sur la politique, la philosophie, la religion, la musique, etc. m’ont souvent fait croire que j’étais devenu bilingue…Cependant, je déchantais assez vite merci quand je les écoutais se parler entre eux…je ne comprenais alors que quelques mots ici et là.

Bilingue, vous dites ?…pas encore! Mais à mon retour, je le serai sûrement un peu plus.
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