Puno (2) ... Deux jours sur le Lac Titicaca, coté péruvien

Publié le par JacquesB de Puno (Pérou) à 21:09

Puno, Pérou
04 - 07 juillet 2002

 

Deux jours sur le lac Titicaca, du côté du Pérou (60 % du lac), et visite de trois îles avec un groupe de 25 personnes venant de divers pays, dont l'Angleterre, la France, l'Espagne, la Hollande, la Suède et Israël. Moyenne d'âge : 25-30 ans. Et un guide parlant anglais et espagnol.

D'abord les "Iles Flottantes", des îles artificielles bâties par les Uros, un peuple qui voulait se tenir éloigné des Incas. Pas très loin de Puno, ils ont semé de la terre avec des graines d'une sorte de roseau qui ont poussé et la terre s'est répandu faisant une sorte de plancher. Les Uros ont alors recouvert cette terre des roseaux coupés et séchés, et sur ces nouvelles îles, s'y sont établis en petits villages. Ça fait assez étrange de marcher sur ce tapis de roseaux séchés : ça swingue, comme qui dirait! Ces gens vivent actuellement du tourisme, principalement d'artisanat, et de la pêche de subsistance grâce à des immenses pirogues de roseaux avec figures diverses à l'avant.



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Puis, Amantani, la plus éloignée des trois : une île volcanique où vivent environ 5 000 personnes partagées en deux villages.

C'est là que nous avons mangé et dormi, chez une des nombreuses familles qui ont aménagé un deuxième étage à leur petite maison avec deux ou trois lits et une table pour manger, ce qui permet de recevoir des invités étrangers. Mais pas d'électricité dans l'île, une bougie pour nous éclairer le soir venu. Quand au froid, on l'a vu dehors, mais dans la chambre, pas de problème, les murs de la maison étant suffisamment épais pour couper tout vent. C'était même plus chaud que dans les hôtels que j'ai faits jusqu'à maintenant.


Lac Titicaca-Pérou
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En arrivant dans le petit port de l'île, les "mamas" des familles d'accueil sont toutes là à nous attendre bien attriquées dans leurs habits traditionnels colorés, et avec voile sur la tête. Le guide fait le partage des familles : je me retrouve avec un jeune étudiant d'université en administration internationale et qui vient de terminer un semestre d'études au Brésil, et qui en profite pour visiter le Pérou avant de retourner chez lui.

Ça adonne que notre famille est installée très haut dans la montagne, sur une des terrasses aménagées pour les cultures. Alors une montée assez, que dis-je, très essoufflante, du moins pour moi. Une chance que j'avais laissé mes bouquins et mon gros sac à dos à l'hôtel! Mais j'y arrive tout de même après plusieurs arrêts pour rerouver ce souffle qui avait peine à se manifester.

Le temps de nous installer et nous voilà devant une des ces soupes-repas péruviennes avec beaucoup de légumes et en quantité double de nos habitudes : que vient de nous monter l'hôtesse des lieux, la senora Hamani. C'est le côté de leur nourriture que j'apprécie le plus jusqu'à présent, surtout le soir quand le froid a commencé à s'installer. Puis du poisson du lac avec des patates, du riz, et une sorte de carotte blanche avec un coeur violet et très tendre à l'intérieur. Et pour accompagnement, on a le choix entre deux thés : coca ou "minua", sorte de menthe sauvage de l'Altiplano. Un dîner très consistant!

Puis c'est la montée dans la montagne : là, j'abandonne même si ça me prive d'un coucher de soleil et de la visite de deux temples incas construits au sommet de cette montagne. Je m'amuse plutôt à me promener sur divers étages du village et à prendre quelques photos, puis à regarder de jeunes adolescents courir et se bousculer autour d'un ballon de soccer sur une plate-forme aménagé pour cela.

Puis, vers 19 heures, c'est le souper à la chandelle, car le soleil s'est couché il y a déjà une heure.

Mais avant l'arrivée de la nourriture, le plus vieux garçon de la famille, Walter, 10-11 ans, vient nous jouer quelques morceaux de flute, question de nous faire connaitre la musique de la région et de gagner quelques sous. De nouveau une bonne soupe, mais différente de celle du midi, et un plat de légumes très bon avec breuvage chaud : coca ou menua. Puis à 19h45, le temps de visiter les toilettes qui sont aménagés dehors et de contempler un ciel étoilé comme je n'en ai jamais vu auparavant et me voilà prêt à me glisser sous les nombreuses couvertes de laine qui recouvrent le lit.
 
Et le silence du village a vite fait de me lancer dans les bras de Morphée jusqu'au petit matin, 7 heures, pour le déjeuner. Et un lavage de visage rapide dans une bassine remplie d'eau tiède que la senora nous a apportée.

Puis ce sont les adieux : le senor est là qui nous prend en accolade à la manière du pays et en nous tapant dans le dos et en nous souhaitant un bon voyage pour la suite. Et la senora vient nous reconduire au bateau, comme toutes les autres senoras qui avaient des invités. Une dernière accolade avec la dame, des remerciements de notre part, et un dernier salut de la main partagé, et le yacht délaisse le quai et se dirige vers Taquile, notre troisième visite.

Cette île est une autre île Inca de 2 000 personnes partagée en 6 petits villages, mais qui semble plus développée qu'Amantani : une place centrale et aussi des restos-bars.

On y arrive en bateau d'un côté de l'île et on se rend au village principal de l'autre côté par un sentier qui monte en douceur, donc pas trop d'essoufflement de ma part et un plaisir plus grand à regarder autour de moi : le lac lui-même d'un bleu marine avec au loin les montagnes enneigées de la Cordillère Royale de la Bolivie, les maisons que nous rencontrons en chemin et les gens aussi qui ramènent leurs moutons au logis. Puis c'est le lunch dans un resto qui nous sert la traditionnelle soupe, mais de nouveau différente, et comme plat principal, ou un autre type de poisson du lac ou une omelette à l'espagnole, typique de l'île. Breuvage : thé anglais, thé coca ou menua.


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Puis c'est la descente vers le bateau qui nous attend au bas de la montagne : plus de 500 marches dont certaines sections, assez abruptes. Et les gens de Taquile qui reviennent du marché du dimanche de Puno, avec leurs achats et leurs propres produits, ce sont ces 500 marches qu'ils remontent. N'ayant pas d'animaux pour faire le transport de tous ces produits, c'est donc à dos d'hommes âgés, de femmes et de jeunes et moins jeunes gens que se fait le transport. Chacun y fait sa part. Et je me voyais faire ce boulot : je suis certain que mon coeur aurait flanché à moins du quart de la montagne.


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Trois îles, trois modes de vie différents dans un même lac! Et du coté bolivien du lac Titicaca, deux autres îles m'attendent, en face de Copacabana.

Ce sera mon premier arrêt en Bolivie : demain.
 

Publié dans CARNETS PÉROU

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